vendredi 10 juin 2011

Epilogue

J'ai l'impression que mon départ de Tijuana date d'il y a une éternité. Dans ma tête tout me parait irréel, comme après un rêve j'ai la sensation de me réveiller. Et pourtant ce sont bien 21 postes frontières et 17 pays visités... Je n'ai pas compté le nombre de kilomètres, les heures de bus, les litres de boissons locales, les fous rires, les "no gracias" aux dealers et aux péripatéticiennes, les silences face à des paysages dont je soupçonnais à peine l'existence, etc. etc. surtout les etc. qui ne sont pas quantifiables!
Un grand merci pour tous les commentaires et les emails. J'espère avoir suscité des envies, je sais, d'après les retours et les questions, que c'est chose faite :)
Dans la petite vidéo du dernier bonus track un aperçu de 5 minutes de ce qu'il se trame dans mon cerveau.
A la revoilure pour de nouvelles aventures!


mercredi 25 mai 2011

Ushuaia, la Terre Promise!

Bariloche
Je ne suis jamais allé en Suisse mais si je devais m'imaginer une carte postale helvète elle serait faite à Bariloche, au cœur de la région des lacs en Argentine. C'est beau, c'est propre, de jolies fliquettes sont à chaque coin de rue, c'est propre, on y trouve des boutiques de marques, les prix sont plus élevés qu'ailleurs, c'est propre et il n'ya pas de minarets.




Perrito Moreno
Merveilleux!!

Kenny de South Park
 Je nourris une certaine impatience de continuer ma route vers le sud à El Calafate, porte d'entrée du parc national des Glaciers où nous trouvons le célèbre Perrito Moreno. Je conçois, j'ai un vocabulaire très limité pour qualifier chaque merveille de la nature que je traverse. Voilà, "merveilleux", pourquoi chercher une phrase ou un autre mot lorsqu'un seul suffi? Nous sommes en pleine cordillère des Andes, frontalière avec le Chili. La surface du glacier est de 250 km², à titre de comparaison Toulouse c'est 118 km², Buenos Aires 203 km²! Parfaitement m'sieurs dames!

Je reste impressionné par le spectacle offert, j'ai pu voir un bloc de glace se détacher et s'éclater littéralement dans l'eau. Le bruit que l'on distingue, de la glace qui travaille, qui craque, est invraisemblable. Il faut savoir que le glacier n'est pas en régression, chaque jour il avance de deux mètres. Tout cela cumulé donne la sensation d'être face à... un être vivant. C'est incomparable! Je vous ai dit que c'était merveilleux?

 On se reconcentre et on va au bout du rêve, au bout du monde. Je quitte la Patagonie pour la Terre de Feu! Un blizzard et quelques flocons de neige plus tard me voici arriver à Ushuaia. Me voici arriver tout court.


 








Le filon touristique du bout du monde est bien exploité, mais la ville garde quand même une authenticité. Nous sommes en zone franche, Ushuaia n'est pas entièrement dévouée à ces voyageurs et c'est tant mieux.  Les nombreux usines et commerces permettent  une proximité et un mélange des populations (habitants et visiteurs). J'ai d'ailleurs pu faire la connaissances de cormorans et de lions de mer forts sympathiques.











A moins de 20 kilomètres d'Ushuaia se trouve le Parc National de la Terre de Feu. C'est vraiment... merveilleux! Les feuillages d'automne aux couleurs chaudes se mêlent à la neige, aux montagnes et aux lacs. Dire que je suis au milieu de tout ça. Je savoure encore et encore sans réaliser que ce paysage de "fin du monde" est également celui de la fin du voyage. Je ne peux aller plus loin parce que plus loin n'existe pas. A mon départ c'était toute cette symbolique qui devait marquer la fin du chemin. Comme si finalement je savais qu'il fallait quelque chose pour m'arrêter. Enfin... La sensation est étrange et irréelle. 


Parque Nacional de la Tierra del Fuego

Le prochain post sera le dernier. Ooooooooooh!
A la revoilure pour de nouvelles aventures!

Bonus track:

dimanche 15 mai 2011

Dulce como Chile

A force de la traverser ou de la longer, la Cordillère des Andes est un peu la maison maintenant. Malgré cela je ne me lasse pas, voici une nouvelle merveille dont je ne me lasserais jamais.
Je suis arrivé à la gare routière de Santiago veille de jour férié et de long weekend, j’avais bien choisi mon moment, qui fut de grande solitude, perdu face à cette foule qui se presse pour ne pas rater son bus. Me voici au milieu de tout le monde à implorer le ciel pour savoir pourquoi tous ces gens ne sont pas restés tranquillement chez eux et pourquoi des personnes qui m’arrivent à peine à hauteur d’épaules s’entêtent  à me rentrer dedans. Goooooood morniiiiiiing Chile !


Rue de Valpo

Peinture de Salvadore Allende


Une fois ma correspondance trouvée et une (nouvelle) fois sur la route je peux me rendre tranquille à Valparaiso a.k.a Valpo. Sans le moindre regret ! Cette ville vaut le détour. J’ai été littéralement charmé. Les artistes se sont accaparés le centre. Un endroit en particulier à visiter ? Aucun ! Tous ! Il faut se perdre dans les rues. On a beau passer deux fois au même endroit, chaque passage offre une nouvelle découverte. L’œil est attiré systématiquement par un détail qui, auparavant, nous avait échappé : artiste, graffiti, sculpture, œuvre en tout genre, salle d’expo de 15 m²…
Les nuits sont bien animées avec un nombre important de bars et night clubs, il y en a pour tous les gouts : salsa, raggaeton, rock, electro etc. Il suffit de se laisser guider. Mon vendredi soir en fut des plus "intéressants," musique folklorique comme mise en bouche (guitare acoustique, poèmes, vin, cheminé… à l’aise Blaise),  puis du latino, de l’électro, et 80’s/90’s (je demande pardon pour cette dernière thématique, je ne l’ai pas fait exprès, c’était une embuscade).


Marché de Santiago
Santiago semble être une capitale où il fait bon vivre. Un métro moderne, des espaces verts, une vie culturelle développée et dynamique. Comme en Argentine, d’un point de vue gustatif, c’est un plaisir de se retrouver dans un pays qui jouit d’une tradition culinaire. Si tu veux bien manger, vas au resto du marché. C’est le principal enseignement que j’ai appris au cours de ce voyage (tout ça pour ça !). Santiago n’a pas échappé à cet adage. Et comme la mer est toute proche il y a de la bonne poiscaille !!!!
Plaza de Armas, Santiago

Si j’avais un peu de mal à comprendre les Argentins du fait de leur accent, au Chili, qui plus est à la capitale, c’est l’argot qui m'handicapait pour dialoguer. Les habitants de Santiago ont leur propres expressions ils en usent et abusent.  Cachai ?


Puerto Varas
Volcan Osorno
Je prends un bus de nuit, direction le sud vers Puerto Montt. Je m’endors sans voir un nuage… et me réveille avec des trombes d’eau et le froid. Nous sommes presque en hiver, cela se ressent. Les conditions météo désastreuses en mer m’empêchent de prendre un bateau jusqu’à Puerto Natales (le précédent navire a du faire demi-tour). Je change mes plans et repasse en Argentine (par les Andes) via la région des lacs. Cette route avait été prise (dans l’autre sens) par Alberto Granado et Ernesto Guevara lors de leur traversée de l’Amérique du Sud dans les années 50. La similitude des paysages avec les Rocheuses canadiennes est frappante. Les couleurs, les lacs et les montagnes me rappellent les panoramas de Colombie-Britannique et d’Alberta.

Me voici de nouveau en Argentine à Bariloche où j’entame mes dernières étapes avant la Terre Promise, Ushuaia.
A la revoilure pour de nouvelles aventures.

Bonus track:

dimanche 1 mai 2011

Rouge sur rouge y a tout qui bouge...


Le blog a somnolé ces dernières semaines. Pas de problèmes particuliers, pas de soucis techniques, ni de CB ou encore de MST. Je suis juste arrivé en Argentine et j'ai retrouvé... le vin et quelques amis. De là à dire que le vin est mon ami faut pas abuser, disons que c'est du vin que j'ai abusé. 

Juste un coup de fatigue pour écrire quelques mots et donner des nouvelles. Il faut dire qu'entre Buenos Aires, Montevideo ou encore Rosario, j'ai fait mon animal nocturne ne me couchant qu'à l'apparition du soleil. Lorsque je suis hébergé ça va, j'ai la possibilité de me lever à 14:00 du matin, mais en auberge dès 9:00 j'ouvre les yeux et je sens les cheveux pousser à l'intérieur de ma tête. 

Buenos Aires, Plaza de Mayo

Au niveau des visites, certains endroits de Buenos Aires m'ont laissé sur ma faim, factices et touristiques à outrance, c'est le business du tango qui veut ça. Mais j'ai bien représenté Toulouse la ville de naissance de Carlos Gardel. L'Uruguay vaut son détour, j'ai été accueilli comme un Roi. Que dire de cette rencontre improbable avec Agasthy, indien, qui bosse sur la capitale uruguayenne. Il a la même voix qu'Apu dans la VO des Simpson, j'ai eu la larme à l'œil pour me retenir de rire... puis on s'habitue. 






Montevideo, El Libertador Artigas. 

Cordoba, Museo de la memoria en hommage aux
disparus de la dictature militaire (1976-1983)

Retour en Argentine à Cordoba, ville qui compte les plus jolies filles du pays (d'après le vendeur de sushis). Cela m'a valu le prix du meilleur wingman par mes compagnons de dortoir anglo-saxons. La raison est simple, j'étais le seul à parler espagnol et de nationalité française. Avec ces deux facteurs cumulés, c'est beaucoup plus facile avec les autochtonettes. 

La vraie bonne régalade s'est passée à Rosario, ville qui a vu naitre Ernesto Guevarra, Leo Messi et le drapeau argentin (mais pas dans cet ordre là). J'y ai rejoint Marianela et Matias rencontrés au Machu Picchu. 5 jours de pure folie durant lesquels je n'ai pas trop vu le soleil, où le vin à coulé à flot, asados de poissons (Rosario est sur les rives du Parana), empanadas maisons etc. Comme disait le Sergent Roger Murtaugh: "J'suis trop vieux pour ces conneries". Le soleil a réellement tapé le dimanche aprem pour aller voir un match de foot de... D2 devant plus de... 35000 personnes venues soutenir Rosario Central, club légendaire de Kempes et... Mauro Cetto (sic). 

Terre-Sainte du Malbec
Quel accueil! Quelle gentillesse! Toute cette volonté de me faire gouter tout ce qui se boit et se mange m'a fortement touché. Cette initiation au "way of life" argentin m'a poussé à aller voir le terroir du côté de Mendoza aux pieds des Andes et au milieu des vignobles. Chose faite durant une belle journée ensoleillée de dégustation : Trois vignobles, une fabrique d'huile d'olives et une confiserie. Pause-déjeuner dans les vignes. L'espace d'un instant je me suis cru dans les Corbières avec un vin de table à 13,5 degrés. La journée s'est conclue avec une absinthe artisanale de 75 degrés. Tu m'étonnes que je n'écrive pas ce blog après de tels moments. 

Il me semble ne pas avoir gouté
celui du fond en haut à gauche...
 

J'enchaine le soir même avec un bus de nuit pour traverser les Andes, direction le Chili! 
A la revoilure pour de nouvelles aventures!! 

Bonus track:

mardi 12 avril 2011

Save the cheerleader, save the world

A la descente du bus à Asunción je partage le taxi qui doit me mener dans le centre avec deux anglais (qui ne servent à rien) et un japonais. Nous déposons les deux roux à leur hôtel, pour continuer Hiro et moi jusqu'au notre un peu plus… roots on va dire. (Désolé de vous décevoir mais Hiro n'est pas petit et joufflue avec des lunettes et ne pratique pas non plus la chronokinésie. Egalement désolé de décevoir Soprano. Car oui! Soprano est un fan de ce blog, mais ça je ne sais pas si je dois m'en vanter).


Notre taxi traverse le quartier des putes à environ 21,4 km/h. Nous nous faisons siffler par l'une d'entre elle. Le chauffeur pile et fait une marche arrière. Je sens la détresse sur le visage de Hiro, moi je me marre, même si je bien éclaté par les 50h de bus. Je commence à être habitué des péripatéticiennes, et non UN habitué! Je demande gentiment au chauffeur de continuer en avant quand il me rétorque "Mais l'ami, t'as pas vu son cul?". Oui justement on ne voit que ça, il est au moins de la taille du Tarn-et-Garonne son cul. Ne voulant pas me perdre dans des explications cartographiques des départements de Midi-Pyrénées, je lui demande de simplement nous poser à notre hôtel. Coup de chance, il est juste à l'angle où se trouvent nos copines.


Le ventito est cassé "Yattaaaaaa!"
Je sors de ma douche bien méritée (et nécessaire), Hiro a disparu. Serait-il allé rejoindre Peter Petrelli pour lui annoncer qu'il doit sauver le monde? Non... il est allé acheter deux bières. Sont cools ces Japs! Yatta!



Une journée à Asunción était largement suffisante, surtout qu'à mon grand désespoir je n'ai pas croisé Larissa Riquelme, unique raison de mon passage au Paraguay. A y être, autant pousser jusqu'à Iguazu.

Pour rejoindre Foz do iguaçu au Brésil, je passe par Ciudad del Este, ville frontière côté paraguayen où on parle portugais et où on paie en reals. Les Brésiliens viennent y faire leurs achats de matos électronique, de contrefaçons vestimentaires etc. On y trouve de tout et surtout n'importe quoi. En gros vous prenez les marchés de Bellefontaine et de la Reynerie à Toulouse, vous les mélangez avec le Pas de la Case. Vous secouez très fort, vous agrémentez d'une sauce latino et vous obtenez Ciudad del Este.

Bref, aucun intérêt, le plus important c'est Iguaçu. Côté brésilien nous avons une vue d'ensemble des chutes. On se balade dans le parc national jusqu'à arriver à la "Gorge du Diable"

Iguaçu

Iguaçu
Iguaçu

Le lendemain je découvre les chutes côté argentin. Cette fois-ci nous sommes au plus près. Plus proche? Impossible ou alors c'est la chute (désolé). Je suis beaucoup plus impressionné et complètement trempé de ma balade.

Iguazu


Iguazu

Iguazu


Ce qui m'a le plus marqué, et ce, des deux côtés des fleuves (Paraná, Iguaçu? quelqu'un pour m'aider?), c'est la puissance du débit et le bruit que fait l'eau en tombant sur plusieurs dizaines de mètres. Une nouvelle fois, on se sent petit face à la nature.

J'ai réalisé que je n'étais plus entre les deux tropiques, que j'étais bien au sud du tropique du Capricorne. Vie de Merde...

Je continue ma descente jusqu'aux rives du fleuve La Plata.

A la revoilure pour de nouvelles aventures.

Bonus track:

samedi 2 avril 2011

Planète Bolivie



J'arrive en Bolivie directement à Copacabana (aucun rapport avec la chanson de Barry Manilow, mais ça ne m'a pas empêché d'avoir l'air dans la tête). Hop hop hop un bateau et me voici sur l'Ile du Soleil au beau milieu du lac Titicaca. La Isla del Sol, centre religieux important, est le lieu de naissance du Soleil dans la mythologie inca. Si j'ai bien compris les premiers Incas, Manco Capac ainsi que sa "sœur-épouse" Mama Ocllo (ça me rappelle étrangement la genèse aveyronnaise...) y sont nés. 


Isla del Sol


Après un petit tour chez les fous du volants à La Paz (où une trois voies signifie un contre sens à gauche, un contre sens à droite avec la possibilité de rouler au centre tout en changeant de file… facile, non?) je passe aux choses sérieuses en me dirigeant vers Uyuni. Sur place, j'oublie tout ce que j'ai pu voir auparavant. Je ne m'attendais vraiment pas à voir de tels paysages et ces trois jours dans le sud du pays m'ont littéralement bouleversé avec tout d'abord le Salar, où le ciel se confond avec la terre salée, et où l'absence d'horizon est réellement troublante. 

Salar de Uyuni

J'ai également été frappé par la Laguna colorada et ses flamands blancs baignant dans un lac rouge bordé de montagnes. Lorsque je demande les raisons d'une telle couleur j'ai droit, avec beaucoup d'ironie, à la réponse suivante: "C'est le sang des Chiliens". Il faut savoir qu'il y a un conflit diplomatique entre le Chili et la Bolivie au sujet d'un territoire, anciennement bolivien, qui ouvrait le pays du président Evo Morales sur l'océan Pacifique. Mais je vous rassure, la couleur s'explique tout simplement par la présence de minéraux qui nous offrent cette teinte rouge. 


Laguna Colorada

Vient enfin le désert Salvador Sali qui porte bien son nom et dans lequel on a la sensation de faire partie intégrante d'une de ses toiles, ne serait-ce qu'au niveau des couleurs et des contrastes. On est Alice qui est passé de l'autre côté du miroir. 


Désert Salvador Dali
Après ces quelques jours riches en émotions visuelles (j'aurais pu y laisser mes yeux facturés, mais mon optimisme naturel veut qu'il y ait encore de jolies choses à admirer), je compte visiter Potosi et ses mines mais fais marche arrière une fois sur place. Je ne suis vraiment pas à l'aise lorsque je découvre le cadre et je me vois mal photographier des mecs qui bossent pour que dalle sous 45°C. Dilemme! Avec Juan, compagnon de dortoir argentin (Juan est Argentin pas le dortoir), nous décidons au final de ne pas y aller. Dans ce cas, il n'y a pas vraiment de bonne ou de mauvaise décision. Les personnes qui font la visite peuvent par exemple fournir de l'eau aux mineurs, qui sont plutôt satisfait de la présence de touristes. Une partie des sommes récoltés est même redistribuée par les coopératives qui gèrent ces visites (combien?)… Le fait est que je m'échappe. 


Featuring Marco et Simon
a.k.a Les Gringos
Comme le hasard fait bien les choses, je suis mis en contact avec d'autres bloggers, Les Gringos (lesgringos.wordpress.com), amis de Martin (pour celles et ceux qui le connaissent), qui tournent également en Amérique du Sud. Il s'avère que nous nous trouvons en même temps à Potosi et à Sucre. Que cela ne tienne, allons consommer quelques breuvages et écouter les remixes latinos de nos bons vieux tubes français des années 80!


Ecoutez! Entendez comme moi l'appel des bus boliviens qui doivent me mener jusqu'au Paraguay (24h+25h) en deux jours. Oui madame! 

A la revoilure pour de nouvelles aventures. 


Retrouvez plus de photos sur la page facebook de Latin Expedition

Bonus track: 

jeudi 24 mars 2011

C'est pas le Pérou...

Je pense que ceci sera le billet le plus court de Latin Expedition. Le Pérou c'est un petit peu le Disneyland de l'Amérique du Sud… et je n’ai pas besoin d’en dire davantage. Je confirme simplement que c'est une destination prisée qui fait rêver les gens et qui me faisait rêver. En tant qu'agent de voyages, rien de plus facile que de promouvoir le Pérou. Comme à Disneyland les gens en reviendront enchantés parce qu'ils auront eu ce dont pourquoi ils ont payés… de là à dire que Mickey est un Inca, c’est autre chose...

On devine le lama au-dessus de la tête :)

Pour éviter de passer pour un rabat-joie, j’ai quand même une petite anecdote. A Lima, sur la place San Martin est érigée une statue symbole de la mère patrie. A l'origine, au-dessus de la tête de maman Pérou il devait y avoir une flamme. Flamme se dit en espagnol "llama" homonyme de l'animal totem des Andes le lama (même orthographe, même prononciation). L'artiste chargé de la réalisation de l'œuvre a tout simplement couronné d'un lama la tête de la statue au lieu d'y mettre une flamme. Problème de compréhension ou freestyle?






C'est parti pour Macchu Picchu City



No comment 1

Sinon le Macchu Picchu est magnifique, le site est grandiose et l'organisation de la cité plus qu'intéressante. Si vous passez dans le coin allez y faire un tour. La météo n’était malheureusement pas bonne mais je me suis quand même régalé.







No comment 2

Concrètement, je pense avoir eu du mal à passer de l'Equateur (dans la lignée du Venezuela et de la Colombie) au Pérou. Ça ne m'a pas empêché de rencontrer du monde, de taper le carton avec des mômes des rues de Cusco (j'ai perdu), et fort heureusement de passer de bons moments. J'attendais cependant plus de mon passage au Pérou.

Mur inca à Cusco

Sinon l'inka-cola c'est bien dégueulasse. Je crois qu'il se place en seconde position de mes boissons les plus imbuvables, juste derrière le shooter "coco-nuts/suze/tabasco" qu'on avait inventé avec Keith et Romain.

Je file à l'abordage de la Bolivie
A la revoilure pour de nouvelles aventures!!!!!

Bonus track: 

jeudi 10 mars 2011

¡Dios mio!

Une fois en Equateur, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller faire le clown sur le site de la Mitad del Mundo. C'est ici que Charles-Marie de la Condamine a déterminé l'emplacement de la ligne équinoxiale. Cocorico? Ben non, il s'est planté de trois cents mètres trop au nord. Rien à faire, je me suis quand même amusé à sauter d'un hémisphère à l'autre, à marcher sur l'Equateur etc. Sinon, oui l'eau des toilettes s'évacue dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (l'inverse de l'hémisphère nord). 


Mitad del Mundo
Pas beau ça?
J'ai trouvé ici le pays le plus religieux et le plus fervent du voyage. Jusque-là, et notamment en Amérique Centrale, beaucoup de superstitions, surtout pour les peuples mélangeant culture maya, christianisme ou prosélytisme des sectes évangéliques. 

A peine arrivé, ma première découverte a été la fréquence avec laquelle les gens se font le signe de croix… pour tout et n'importe quoi. Au poste frontière, l'agent des douanes, après avoir contrôlé mon passeport et avoir remarqué que j'étais en règle (et fier de l'être au prix que ça m'a coûté), remercie le ciel et se signe. Dans le trole de Quito, prière avant de prendre la route et trois signes de croix. Dans les rues de Cuenca, des déménageurs font tomber une plaque de métal qui du coup fait un boucan monstre en heurtant le sol, une passante sursaute… et se signe. 

Ces petits rituels me font légèrement sourire car ils dépassent le cadre de la spiritualité ou de la foi. Ils sont finalement l'expression d'une vie précaire, à laquelle on a besoin de se raccrocher à travers un être supérieur, se donner un coup de pouce et du courage, pour avoir la force de continuer à vivre ou pour se sentir tout simplement protégé. 

J'imagine bien un bureau de consulting new-yorkais du genre Mc Cormick, Goldman, & Son Associated, réaliser une étude et de conclure: "sachant qu'un Equatorien se signe en moyenne 77 fois par jours durant une journée de travail, la perte de productivité sur sa semaine de 61,5 heures effectives est d'environ 24%. En conséquence, nous préconisons de délocaliser votre usine de ponchos au Vietnam. Là-bas au moins ils sont communistes donc athées. L'économie d'échelle réalisée sera de 21%. Les moyens financiers dégagés pourront être répartis entre les actionnaires"

Je ne vais pas être trop original mais, une nouvelle fois, je suis tombé sous le charme de ce pays. Je ne peux malheureusement pas faire le touriste comme je le voudrais, sinon ce voyage durerait 2 ans et demi. Mais je pousse mon manque d'originalité jusqu'à dire que je reviendrai... 

A la revoilure pour de nouvelles aventures. 


Bonus track:

lundi 28 février 2011

Clando part II.


C'est après avoir pris la pire route (d'ailleurs pourquoi ça s'appelle une route?) que j'arrive à San Augustin. J'y reste deux nuits, hébergé par Mathias et sa belle-famille. Ils vivent sur les hauteurs de la ville dans le quartier populaire, surnommé "le quartier des miracles" pour la bonne et simple raison que "tout ce qui disparaît en bas, réapparaît en haut".


Bob l’Éponge au VIeme ap JC
San Augustin possède un parc archéologique récemment classé Patrimoine Mondial de l'Humanité. Ce site précolombien recense des statues de roche volcanique, uniques vestiges d'une énième civilisation mystérieusement disparue. On retrouve des stèles représentant des Chinois, Romains et autres peuples du monde, avec qui on suppose que des échanges commerciaux aient été réalisés. Découvertes intéressantes pour moi, à approfondir. S'ensuit une balade à cheval pour accéder au Canyon de la Chaquira. Je me sentais possédé par l'esprit de Lee Van Cliff, au galop, la moustache au vent. J'avais trop la classe et mal aux fesses.



Canyon de la Chaquira

La veille de ma venue un malheur est survenu au quartier. Un jeune est mort, en l'espace de deux jours, de ce qu'on suppose être une dégénérescence de la dengue. Il travaillait fréquemment dans la forêt amazonienne et à 29 ans il laisse une épouse et une fille. J'ai pu observer que la mort faisait partie de la vie et qu’elle est présente au quotidien. Disons que les chances de mourir sont multipliées : les routes dangereuses, un travail risqué, un coup de machette mal placé, des maladies difficilement curables... La mort n'est pas marginalisée ou taboue, elle est présente au quotidien au même titre qu'une naissance par exemple.

Un cortège funéraire a été organisé du centre-ville jusqu'au cimetière. Un taxi a été loué, deux énormes enceintes installées dans le coffre ouvert, diffusant à fond de la musique ranchera en hommage. Toute la communauté est présente, les amis se relayant pour porter le cercueil. Ce moment était très émouvant et poignant. La famille, très entourée, a été d'une grande dignité. J'ai été très frappé par la grande solidarité qui s'est dégagée. C'est le quartier qui a perdu un de ses enfants.

Je quitte la cérémonie au moment de la mise en terre du cercueil, toujours sur des airs de musique nord-mexicaine diffusés à plein volume. Ma route se poursuit vers l'Equateur. Je ne remercierais jamais assez tout le monde à San Augustin. La manière dont j'ai été accueilli dans cette famille était comme si j'en avais été un membre. Moins les gens possèdent, plus il partagent, et cette simple équation s'inscrit dans une pure normalité. Une nouvelle leçon d'humilité durant ce voyage.

Je n'ai toujours pas réglé mon problème de clandestinité. Je me suis renseigné auprès de la police, elle s'en fout. J'ai alors eu les services d'immigration au téléphone qui m'ont dit d'aller directement à la frontière puisque je compte quitter le pays.

J'arrive au poste frontière d'Ipiales. Je dois payer une amende de 150 US$. Comme c'est dimanche, je dois attendre le lendemain que les banques soient ouvertes pour le règlement administratif. Je rappelle le service concerné à Bogotá qui me confirme la chose. Mon autre option serait de retraverser la Colombie et de revenir. Ce qui coûterait autant... Je retourne voir le douanier avec tout mon aplomb pour lui demander s'il n'y aurait pas une autre solution qui arrangerait tout le monde. Après tractations, je serre la main du représentant de l'ordre avec 50 US$ qui transitent d'une paume à l'autre. Voici mon passeport estampillé, ce qui me permet de quitter la Colombie.

Hémisphère sud me voici!
A la revoilure pour de nouvelles aventures.


mardi 22 février 2011

Clando part I.

C'est avec un certain enthousiasme que je retourne en Colombie. J'ai la sensation de quitter le Vénéz' trop tôt. La route est plus forte et j'ai "la fin du monde" à rejoindre.


Je monte dans un bus qui doit me laisser au poste frontière sous 4 ou 5 heures. Endormis, je me fais réveiller par un monsieur qui, le sourire aux lèvres, m'indique que nous sommes arrivés. Mais arrivés où? En Colombie! Pas d'arrêt au service de douane à la sortie du Venezuela, idem à l'entrée de la Colombie. Me voilà clandestin et le dernier bus pour Bogota part dans quinze minutes. Tant pis, je ne fais pas marche arrière, on verra bien.

Il faut savoir que je suis proche d'une zone dite de guérilla, disons que la route est en plein dedans. De ce fait, les contrôles de police ou militaires sont fréquents. J'applique une vieille tradition familiale qui veut que si on se retrouve clandestin dans un pays étranger on prie Sainte-Rita. A peine sorti de Cúcuta (cf google map), contrôle des pièces d'identité. La policière prend mes papiers, vérifie que ce soit bien moi, elle me sourit: "Ah Frances, gracias Sebastiàn". Big up Sainte Rita! Sans embuche, je passe un second puis un troisième contrôle. Arrive le quatrième, il doit être 6:00 du mat'. Le militaire a du être recruté au faciès "Toi tu as une tête de bidasse, va faire tes classes." (un Stéphane Ruffier latino). Il remarque que je ne suis pas en règle et me demande des explications. Je fais le naïf, il me regarde d'un air dépité à souhait puis me rend mon passeport. Je bade Sainte-Rita!


Musée de l'or
Parure à la mode lors de
la collection été-automne de 1432




















Rue dans la Candelaria

De Bogota je n'aurais pas vu grand chose. Je ne m'y suis pas attardé. Le temps de revoir Giulio un pote italien ainsi que ses amis colombiens. Le quartier historique de la Candelaria, le fameux musée de l'or (mesdemoiselles et mesdames, des commandes?). Juste quelques rencontres, où chacun me raconte comment il s'est fait braqué avec violence. Je me rends compte que je suis le seul à m'être fait voler par un geek et un PC. Les autre voyageurs on tous des histoires à l'arme blanche ou armes à feu. Je me contente de la mienne sans problème, alalalala la Colombie.



Popayán

Renault 12 blanche, mon ex, 4L bleue
Toujours sans papelards, je continue ma route vers Popayán petite ville coloniale où il ne se passe pas grand chose. En revanche c'est très choli!! Ce sera mon point de départ pour rejoindre San Augustin et Mathias, le plus colombien des toulousains, à moins que ce soir l'inverse.






A la revoilure pour de nouvelles aventures.

Bonus Track: