dimanche 31 octobre 2010

J'aimeuh foumé lé youin

Parfois, le hasard fait bien les choses et j'aime quand les choses sont bien faites. Michael (Mike pour les intimes) et son frère Marvin m'hébergent dans leur maison de Zacatecas. Mike est francophile, suit des cours à l'Alliance Française et écoute des groupes comme La Rue Kétanou, Debout sur le Zinc ou encore Noirs Désirs... 

Zacatecas
Après un tour de ville diurne (anciennes mines, téléphérique, balades et tout plein de trucs touristiques) place à la vie nocturne et la tournée des grands ducs: Cantina pour l'échauffement, bar "El Huracan" pour monter en puissance et le fameux "El Chaparal Disco" pour le second souffle. Je vous laisse imaginer la scène: une sorte de club (fouille au corps à l'entrée), avec une scène sur laquelle joue une banda norteña (sans avoir balancé au préalable), une immense piste de danse coupée au centre par des tables et des cadavres de centaines de bouteilles de bière. Sur chaque piste, des couples se dandinent sur de la musique traditionnelle et les gonzes ne lâchent pas leur partenaire estampillée propriété privée - défense d'approcher - cow-boy méchant. 

Faut dire que je faisais un peu tache. Grand, blanc, barbe frisée djihadiste, jean's et baskets. Face à moi de la testostérone, santiags, chemise à carreaux, chapeau et moustache. J'ai droit à quelques regards alcoolo-béliqueux et au moment d'évacuer les bières des regards anatomico-curieux. Un grand souvenir! La soirée... pas pour les gars de la pissotière... Euh... je veux dire... vous m'avez compris... 

On en était donc au hasard. Un problème d'hébergement m'a fait finalement rester quelques temps de plus à Zacatecas au lieu de me rendre à Guanajuato. Trop dure la vie. Je me pose donc un peu plus avec Michael et sa bande de potes. 

Sushis, ratatouille, quiche lorraine: repas traditionnel mexicain
Autour d'un repas arrosé, je fais connaissance des élèves de l'Alliance Française et du prof de français, Diane, ancienne étudiante du Mirail à la meme époque que moi: 

" Tu connais Untel? 
- Oui... 
- Tu étais à l'AG, aux grèves? 
- Oui..." 

¡ORALE! 

Un moment bien sympa qui s'est terminé à une soirée d'anniversaire de l'ami d'une amie ou quelque chose du style, je ne me souviens pas de tout... Si ce n'est que je dois ouvrir un resto mexicain à Toulouse, avec Claudia et Marvin, où nous servirons des tacos de canard. 

"Enfant du soleil,
tu parcours la terre le ciel..
."

Je suis resté quatre ou cinq jours à Zacatecas, je m'y serais bien posé quatre ou cinq mois. Partie remise! 


Après une petite halte à Mexico pour voir les copains et fêter cette fois-ci un faux anniversaire, je ne vous fais pas de dessin ça risque d´être censuré dans le clip mais bon... direction le monde maya, moins de deux ans avant la fin du monde. 

A la revoilure pour de nouvelles aventures!







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mardi 26 octobre 2010

Pam pam pam pam lam Chihuahua!

C'est avec un peu de retard (changement de l’horaire du ferry) que nous quittons la Baja California pour Topolobampo et Los Mochis. Sur le bateau, nous faisons la connaissance d'Alexis qui rentre de vacances passées à La Paz. Sacré Alex... La jeune vingtaine, jean´s baggy, les blanches baskets, le débardeur laissant apparaître un énorme tatouage sur la poitrine et... possède un gros pick-up aux vitres teintées immatriculé dans le Colorado. Sa profession? Vendeur de bonbons!!! Très sympathique, il nous a servi de guide le temps d'une soirée. Nous avons pu faire le tour de la ville by night, en compagnie sa future copine Rachel (il a conclu comme Jean-Claude Dus, mais c'est en bonne voie) et de sa jeune sœur Kaddie. Pauvre Rachel, paye ton rencard... C’était cependant pour la bonne cause car nous avons pu découvrir les "raspados", dessert à base de glace pilée, de fruits et de lait concentré : REGALADE :)

Ferrocarril Chihuahua Pacifico
Le lendemain, nous embarquons sur le Ferrocarril Chihuahua Pacifico pour environs seize heures de trajet sur une des plus belles voies ferrées du monde : la Barranca del Cobre (littéralement le Canyon du Cuivre). Pour résumer, nous traversons la Sierra Tarahumara et sa vingtaine de canyons qui occupent un espace quatre fois plus grand que le Grand Canyon amerloque… tout à fait m'sieurs dames! 

Barranca del Cobre
Outre l’immensité, on est frappé par la diversité des paysages, passant notamment d’une végétation subtropicale à des forêts de conifères. 


Après un départ de Los Mochis à 7:00, nous arrivons à Chihuahua à 23:00.


Pancho Villa
Chihuahua, fief des chiens de la race éponyme si chers à Paris Hilton mais également fief de la révolution mexicaine et de l'emblématique Francisco Pancho Villa (Doroteo Arango de son vrai nom, ca calme). Un musée situé dans sa dernière demeure lui est consacré. On peut y voir, documents, photos, ainsi que des armes de la période révolutionnaire. On trouve aussi la Dodge dans laquelle il fut assassiné. La mise en scène et les photos d'époque rappellent d’ailleurs les images de la mort de Jacques Mesrine : véhicule criblé d’impacts de balles et exposition du lieu du crime aux photographes de presse.


Direction Zacatecas pour la IXème édition du festival international de théâtre de rue. A la revoyure pour de nouvelles aventures!!!!


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jeudi 21 octobre 2010

La différence entre le bon et le mauvais Narco

Etre au Mexique sans parler du phénomène narco serait comme aller en Chine sans évoquer l'absence des droits de l'Homme. On le sait, on ne veut pas offusquer mais ça se voit et au final, quoi qu'il arrive c'est l'argent qui prend le dessus. Néanmoins, être un baron de la drogue c'est plus qu'être un simple dealer ou une vulgaire mule. C'est une façon d'être! A cela différencions le bon Narco du mauvais Narco. Vous verrez, la réponse est plus qu'évidente...

Etre un bon trafiquant de drogue nécessite avant tout la conduite d'une bonne voiture, style Chevrolet aux vitres teintées pour se protéger et pour sortir Femme(s) dans les lieux branchés de la ville. Si on sort, il faut avoir le look (coco, ouais facile mais tentante) norteño. Esprit cowboy à la fine moustache, un vrai scarla: chapeau, jean's US, santiags et chemise cintrée ouverte jusqu'au nombril. La panoplie ne pourrait être complète sans évoquer les accessoires. Notons le ceinturon en or en forme de feuille de cannabis, les lunettes de soleil bling-bling incrustées de pierres précieuses assorties au téléphone cellulaire en or. Le Narco étant macho, une seule paire de couilles ne lui est pas suffisante, pour se rassurer il est donc armé. Un accessoire supplémentaire qu'il doit conformer aux autres, pistolets et kalachnikovs sont donc parés d'or et de diamants. 

Mener une telle vie revient à s'exposer à la mort. Parfois un gilet par balles ne suffit pas alors il faut s'en remettre à Dieu. Ou plutôt à un saint protecteur (forme de sous-traitance du pouvoir divin): Santo Malverde, sorte de Robin des Bois du début du XXème siècle durant la Révolution. Jesús Malverde (tient son surnom du fait qu'il se cachait avec des feuilles vertes avant d'attaquer ses victimes, oui je sais un peu naze comme histoire, mais c'est la vérité) n'a pas été officiellement sanctifié par le Vatican, mais ici c'est tout comme. En son nom, dans les églises, on bénit les armes à feu (scène que l'on retrouve dans le dernier film de Luis Estrada - El Infierno). Des tribunaux de certains états américains ont même admis que la présence de talismans à l'effigie de Jesús Malverde pouvait constituer une preuve d'appartenance à un cartel. Un culte célébré donc par les Narcos mais également par les pauvres qui souhaitent se sentir protégés lors de leur tentative de passer la frontière gringo-mexicaine.

Pour finir, le bon trafiquant doit jouir d'un surnom. Ca permet de rester discret sur son identité et de diminuer la honte transmise par ses parents lorsqu'on a un prénom ridicule. En y regardant de plus près, on se dit que certains auraient mieux fait de garder leur prénom d'un autre temps, ou d'une autre dimension. Le plus célèbre, parce que placé sous les feux de l'actu début septembre, c'est "La Barbie". Edgar Valdez Villareal, n'a rien de féminin ou n'a pas fait des galipettes avec Ken. Non il a tout simplement les yeux bleus et une tête de poupon mal rasé. Un autre dealer se faisait appeler "El Baygon", là je pense qu'il valait mieux être son ami...

Pour résumer, le bon Narco c'est celui qui a le style, qui a la foi et qui a un surnom. Alors que le mauvais Narco il a le style, il a la foi, il a un surnom mais c'est un mauvais Narco...


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vendredi 15 octobre 2010

Welcome to Tijuana

Bizarrement, avant d’arriver à Tijuana je n’avais pas d’aprioris. J'étais simplement excité par le fait que la ville frontière avec les Etats-Unis représentait le point de départ de Latin Expedition et je n’ai pas été déçu.

Tijuana est marquée par l’influence... chicano. Si une partie de la population reste à la mode traditionnelle chapeaux de cow-boy, santiags, sa jeunesse a par contre opté pour un style a mi-chemin entre Cypress Hill et les Princes de la ville. Jean’s XXL qui tombent mi-fesses, chemises a carreaux boutonnée jusqu’au col, baskets blanches, lunettes de soleil sur le front et tatouages en tout genre.

Frontière Gringo

Qu’y a t-il a voir à Tijuana? Premièrement, les embouteillages au poste-frontière comportant entre neuf et dix voies qui, selon la direction des véhicules, s'ouvrent ou se ferment au rêve américain. Il y a également "la Línea" qui part de l’océan pacifique : murs et barbelés qui longent la ville et la frontière. On n’ose imaginer la traversée et son infaisabilité: éclairage; vidéo surveillance, parfois même hélicos et patrouilles terrestre. Dissuasion optimale, ça calme!


Exposition de Krmn Contreras
à l'école d'art de Jaime Jimenez
S'il n’y a pas grand chose à voir d’un point de vue touristique, il y a des gens à rencontrer comme Jaime Jimenez, directeur d’une école d’art créée il y a 9 ans.  Parcours atypique qui l’a mené à être avocat comme son père, et son frère... et qui a tout plaqué pour vivre sa passion : l’art et la peinture. Cet amoureux des voyages a bourlingué de Tokyo à Paris en passant par... Toulouse (si si...!). Aujourd’hui, son école et sa quarantaine d’élèves offrent un véritable dynamisme intellectuel et artistique à Tijuana en multipliant les évènements dans des endroits hétéroclites: bars, restos ou espaces publics ouverts (rues, croisements, trottoirs proches des centres commerciaux). Même si les salles d’expositions municipales ne sont pas encore disponibles  pour les artistes locaux, leur créativité a tout de même attiré la curiosité de la Ville. Un Officiel de la Mairie était d’ailleurs présent lors de l’inauguration d’une expo à l’extérieur de l’école de Jaime.




Welcome to Tijuana :
con el fetichismo no hay aduana

Ces 3 jours passés à Tijuana se sont achevés par une séance photos dans un studio fétichiste. Le Toulousain que je suis n’a pas pu résister. Etre originaire de la même ville que D.Baudis et P. Allègre ne laisse pas indifférent. Ce sont sûrement ça les voyages, les rencontres inattendues ou inespérées!




Direction LA PAZ via LORETO pour mettre les pieds dans l’eau.
A la revoyure pour de nouvelles aventures!






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mardi 5 octobre 2010

J-5: "Ben viens on y va!"

Je me rappelle d'un pari stupide qui, finalement, ne va pas s'avérer si absurde que cela. Parfois des paroles en l'air (alcoolisées ou non) se terminent gaiement par un "Ben viens on y va!" En schématisant ,c'est un peu de cette manière qu'est venue l'idée de joindre Tijuana à Ushuaia (pour les personnes ayant des difficultés en géographie, Jean-Michel Google est ton ami). Après les raisons, voire même les excuses pour concrétiser ce périple ne manquent pas... Je n'en ai pas besoin. J'ai envie, je le fais! Paie ton caprice!

 Un tel voyage n'est pas pour autant une lubie. Le choix du continent ne sort pas du chapeau comme ça par hasard. Il y a eu des signes! Les westerns, et les mexicains mal rasés avec leurs recharges de balles croisées sur le plexus. Les mystérieuses Cités d'Or avec une fascination pour le pseudo méchant Mendoza. Tintin et les Picaros ou L'oreille cassée de Hergé. Sur la Route avec Che Guevara d'Alberto Granado etc. Des noms qui sonnent exotiques: "Tegucigalpa", "Machu Picchu", "Uyuni", Miss Vénézuela, et j'en passe. Je me devais d'aller vérifier par moi même, d'avoir mes propres histoires.

Gabriel Garcia Marquez avait écrit: "L'Amérique Latine est un homme portant la moustache, une guitare et un pistolet." Citation qui, telle une mouette, m'avait bien fait marrer. Et qui surtout me donne envie d'aller demander aux concernés ce qu'ils en pensent et comment ils s'identifient.

Le pari initial était donc de fêter 30 ans quelque part entre la frontière américaine et  la Terre de Feu. Pari perdu certes. Je célèbrerai mes 30 ans et demi, mes 30 ans trois quarts et tout plein d'autres choses dans ces mêmes conditions. L'attraction vers le nouveau monde a été la plus forte...

En route vers le départ: TIJUANA!


Bonus track: