dimanche 28 novembre 2010

Résistance, bisous et eau de vie... ou l'inverse!

Centre historique de Tegucigalpa
Les longues distances en Amérique centrale peuvent se révéler très fatigantes. Pour des raisons de sécurité peu de lignes voyagent de nuit. 300 ou 400 bornes se font en une journée et plus même, sans affinités. J'arrive à Tegucigalpa à la tombée de la nuit. La capitale hondurienne... c'est un peu la zone et si les gens vous abordent dans la rue, c'est soit pour demander si tout va bien alors qu'il n'y a pas de problème majeur de sécurité, soit pour vous dire de faire attention. GÉNIAL!

Emprunte du coup d'Etat
Malheureusement, au premier abord pas mon truc. Je me rends donc à 45 minutes de là à Valle de Angeles. Petit village bien tranquille qui porte bien son nom. J'y rejoins Jose Luis, ancien prof d'anglais et d'espagnol qui aujourd'hui y ouvre son restaurant. Alors qu'il fait nuit noire, c'est à dire à 18h30, nous nous rendons au bar de los Pobres, le bar des Pauvres (notez mon fluentisme linguistique et l'exactitude la traduction). Le lieu, plus ou moins clandestin (toléré), est tenu par Geraldo aka "El Pajaro", militant d'extrême gauche et résistant face à la tentative de coup d'état de 2009.

Bar de los Pobres
Avec des tarifs réduits défiants toute concurrence, on y sert de la bière locale (salva vida) et de l'eau de vie de canne à sucre non distillée (45 degrés). Ca passe en boucle des dvd de rock des années 60 70 et 80, ça parle politique, ça refait le monde, ça rie, et ça bombe le torse à l'occaz. Antonito, un peu trop saoûl depuis un peu trop tôt, ne cesse de me serrer la main et de me faire des accolades. 
A 'ment donné il crie "Nous sommes tous égaux, vive la démocratie!" m'enlace et m'embrasse le front à répétition. Je me dépêtre de son gros ventre et de ses gros bras tant bien que mal. El Pajaro intervient. "Contest" de gros bides, ne pouvant faire un frontal, ils font un "bidal" surréaliste. Geraldo a le dernier mot : tournée générale!

Petit crochet flash éclair de quelques jours vers le Salvador avant de finir de zoner au Nicaragua.
A la revoilure pour de nouvelles aventures!!


Bonus track: 

samedi 20 novembre 2010

DE MAYALANDIA A GRINGOLANDIA ISLAND

Pyramide de Tikal
Je termine en beauté mon Maya Tours par les sites archéologiques de Tikal et de Copán. Le premier, au nord du Guatemala, est super imposant. Situé au milieu de la jungle et très étendu on se sent ridiculement petit face à l'immensité du lieu. On se balade d'une ruine à une pyramide entre les jaguars (il parait qu'il y en a), les toucans, les singes araignées. En bruit de fond, les singes hurleurs (volume sonore de Chew Bacca puissance 10) et les cris hystériques des touristes américaines. Voilà pour les animaux sauvages...

Saloperie!
Quelques jours plus tard, je découvre le second, situé à la frontière entre le Guatemala et le Honduras. Nettement moins impressionnant d'un point de vue architectural, c'est cependant le seul site maya à avoir conservé en bon état bon nombre de sculptures et de hiéroglyphes. Ancienne cité dominante, comme beaucoup d'entre elles, Copán a disparu on ne sait comment. Ici pas de jaguars, pas d'américaines mais des perruches et des araignées. Ces dernières n'ont d'ailleurs pas d'autre meilleure idée que de venir s'agripper sur mon dos. Vu le poids du machin, je vous laisse imaginer mon déhanché légendaire pour m'en séparer.

Après toutes ces émotions et pour digérer toutes ces marches montées et descendues, je rejoins Isla Utila sur la côte caraïbe hondurienne. Choc culturel! J'apprends qu'il s'agit d'un des endroits les moins chers du continent pour passer ses diplômes de plongée. Des charters entiers arrivent des USA. Autrement dit, l'Oncle Sam est à moins de 300 US$ d'ici.

J'y ai cru...
Que cela ne tienne, je fais mon autiste, je pars seul à la plage, marre d'écouter du Rihanna ou du Lady Gaga avec les autres zouaves. Au bout d'une demi-heure, grosse averse tropicale : ce sera le cas pendant trois jours... VDM. C'est presque la fin de la saison des pluies, et d'après ma vendeuse de jus de fruits préférée, qu'il y en ait autant est exceptionnel. Ben voyons! Tant pis, les plages du Costa Rica et du Panama m'attendent.

Hop hop hop direction Tegucigalpa.
A la revoilure pour de nouvelles aventures!

Bonus track: 

vendredi 12 novembre 2010

Les tchi-douches, les clandos, et moi et moi et moi...

Tag résistant de l'Armée Zapatiste
de Libération Nationale (EZLN)
Me voilà dans le Chiapas, berceau de la révolution zapatiste menée par le sous-commandant Marcos. Enfin... je suis a San Cristobal de las Casas, Marcosland, grand parc d'attraction pour occidentaux en sandales qui oublient de se laver. Ces touristes associent leur cause d'européens opprimés à celle des zapatistes qui n'avaient pas demandé grand-chose. On trouve des djeuns en manque de sensations fortes qui viennent chercher un idéal révolutionnaire par ici. Il faut dire qu'ils sont bien aidés. On leur vend des t-shirts Che ou Marcos, des cagoules EZLN, des stylos EZLN, des portes clés EZLN, des pin's parlant EZLN ou encore des caleçons FUBU EZLN, j'exagère si peu... 

Le tchi-douche comprend tout sur le monde qui l'entoure, il te prend de haut et est capable d'expliquer au paysan du coin ce qu'il faut produire et comment il faut produire. C'est une chance que le fermier ne s'exprime que dans son dialecte maya. S'il venait à comprendre nul doute que sa machette ne servirait pas qu'à défricher. Bref, quelqu'un qui conclue ses phrases par "you know what I mean man" ça me gonfle. Et je précise que je n'ai rien contre les sandales (sauf celles en caoutchouc que ma mère m'obligeait à porter pour aller me baigner quand j'avais 4 ans, mais c'est une autre histoire...) 


Je trace ma route pour traverser vers le Guatemala (au revoir Mexique, on se reverra quoiqu'il arrive!) en compagnie d'une "adorable" hippie chilienne, prof de yoga qui fait l'aller/retour pour renouveler son visa. 


Toussaint à Todos Santos
Je suis pile dans les temps pour être à Todos Santos le jour de la Toussaint. Ce petit village à 40km au nord de Huehuetenango (1h30 de route) célèbre sa féria. Les habitants ont leurs costumes traditionnels (avec nike air pour les garçons et talons hauts pour les filles), une fête foraine est montée, des courses de chevaux sont organisées et l'alcool coule à flot. Il y a un monde fou dans les rues. Les festivités commencent dans la matinée et plus on avance dans la journée, plus on enjambe les hommes ivres morts. Plus on avance dans la journée, plus les hommes viennent me baragouiner. Plus on avance dans la journée plus on sent qu'il ne faut pas les contrarier. Finalement, ça n'était pas plus mal de ne pas dormir sur place. En revanche, manquer ce spectacle aurait été bien dommage. 


A Huehue, mes voisins de chambre étaient des travailleurs qui cherchaient à rejoindre les USA. Fatigués de ne rien trouver au Guatemala, ils partaient chercher fortune (ou pas) plus au nord. Le nombre d'expulsés (plus de 20 000 guatémaltèques ces 10 derniers mois) ne les a pas refroidi. De toute façon, cette émigration est un non-choix. Les curiosités sont réciproques. Déjà sur le but de mon voyage (j'ai l'air un peu con) et sur la vie en Europe en général. La liberté de circuler d'un pays à l'autre les avait stupéfaits. Ils m'avaient également demandé si c'était vrai que nous ne payons pas les frais médicaux. Tous ces acquis sociaux les avaient laissés songeurs. Et moi avec... 
Lever de soleil sur le lac Atitlan
Le lendemain matin, départ pour Panajachel. Apres 4h30 de trajet via 3 chicken bus, un bus normal, a l'arrière d'un pick up, et sur une barque, me voici au bord du lac Atitlan face aux volcans San pedro, Toliman et Atitlan. Je m'offre même un lever de soleil dans la nature à San Marcos de la Laguna loin des touristes, après une nuit sous les bananiers et avec les animaux de la forêt (n'allez pas imaginer des choses). 


Direction Tikal puis Copan (Honduras) pour en finir avec le monde maya. 



A la revoilure pour de nouvelles aventures 

Bonus track: