dimanche 12 décembre 2010

Salvador


Lagune d'Alegria, cratère du volcan éponyme
Un peu de nature me ferait le plus grand bien. Je décide donc de partir de Valle de Angeles pour Alegre au Salvador. Un voyage qui aurait normalement du se faire en sept heures max mais qui va en prendre le double. Le bus entre Tegucigalpa et la frontière ne dépasse pas les 22 km/h. Panne: Le chauffeur essaie de passer sous l'engin pour un éventuel diagnostic mais il ne passe pas car trop gros... Bref... On fait les 3/4 du chemin en seconde. Je suis bien content de faire les 15 dernières bornes en stop, la nuit (19h), parce que plus de bus après 18h30. Je passe deux jours et demi à Alegria entre les volcans, les plantations de café et les quelques habitants du bled.


Après avoir rechargé mes poumons d'air pur je décide d'aller les mettre à rude épreuve à San Salvador. Un passage très rapide dans la capitale salvadorienne où je dois prendre un bus international pour Leon au Nicaragua.

Monument de la mémoire et de la vérité,
Parque Cuzcatlan à San Salvador
Comme Tegucigalpa, San Salvador a la réputation d'être une ville coupe-gorge, comme à Tegucigalpa je ne m'y sens pas particulièrement en danger et comme à Tegucigalpa je fais quand même attention. S'il y a des mecs armés à chaque coin de rue, ce n'est pas pour faire art déco.
On sent le pays très marqué par la guerre civile (1981-1992), un monument rend hommage aux 30 000 victimes (tuées ou disparues) de la capitale (72 000 tués au total selon les chiffres officiels). La volonté de faire perdurer le souvenir de cet épisode tragique est très marqué. C'est également un élément de propagande nationaliste et patriotique du gouvernement.

Cette visite flash éclair de San Salvador aura eu le mérite de me faire connaître le bar "La Esquina". Bistrot de quartier où le litre de Brahva (bière locale) coute 1,50 US$. Les deux soirs où j'y suis venu, la majorité des clients était déjà ivre à 18h. Les gens viennent me parler, curieux de savoir ce qu'un Français pouvait faire dans un endroit semblable. Ma réponse était toute simple, "boire un coup". Avant d'engager la conversation, j'ai droit à une présentation solennelle et à l'explication suivante: "Ne vous inquiétez pas, je veux juste bavarder, je travaille, je gagne ma vie comme chauffeur de bus, je ne vais pas vous demander des dollars." Ça tombait bien je n'avais pas de dollars à donner.

A l'arrivée au bar
 Après quelques bières :
attention l'alcool ne fait pas
que réduire le champ de vision,
il altère également la perception des "choses"
Le service est assuré par Suzanna, jeune petit bout de femme, peu vêtue, et au caractère bien trempé face à ces messieurs à la bave aux lèvres et au regard carnivore. Je ne prétends pas être végétarien, mais moi je sais contrôler mes muqueuses buccales. La soirée se passe dans une ambiance bon enfant sur fond de bachata et de reggaeton. Ça danse, ça boit, ça discute, ça crie et ça rigole. Obligé de quitter mes amis d'un soir avant la fermeture (sacrilège!) mais mon bus pour le Nicaragua part à 02:00 du mat'.

Encore un changement de pays, traçage de route vers le sud chez les Nicas.

A la revoilure pour de nouvelles aventures!

Bonus track: