dimanche 12 décembre 2010

Salvador


Lagune d'Alegria, cratère du volcan éponyme
Un peu de nature me ferait le plus grand bien. Je décide donc de partir de Valle de Angeles pour Alegre au Salvador. Un voyage qui aurait normalement du se faire en sept heures max mais qui va en prendre le double. Le bus entre Tegucigalpa et la frontière ne dépasse pas les 22 km/h. Panne: Le chauffeur essaie de passer sous l'engin pour un éventuel diagnostic mais il ne passe pas car trop gros... Bref... On fait les 3/4 du chemin en seconde. Je suis bien content de faire les 15 dernières bornes en stop, la nuit (19h), parce que plus de bus après 18h30. Je passe deux jours et demi à Alegria entre les volcans, les plantations de café et les quelques habitants du bled.


Après avoir rechargé mes poumons d'air pur je décide d'aller les mettre à rude épreuve à San Salvador. Un passage très rapide dans la capitale salvadorienne où je dois prendre un bus international pour Leon au Nicaragua.

Monument de la mémoire et de la vérité,
Parque Cuzcatlan à San Salvador
Comme Tegucigalpa, San Salvador a la réputation d'être une ville coupe-gorge, comme à Tegucigalpa je ne m'y sens pas particulièrement en danger et comme à Tegucigalpa je fais quand même attention. S'il y a des mecs armés à chaque coin de rue, ce n'est pas pour faire art déco.
On sent le pays très marqué par la guerre civile (1981-1992), un monument rend hommage aux 30 000 victimes (tuées ou disparues) de la capitale (72 000 tués au total selon les chiffres officiels). La volonté de faire perdurer le souvenir de cet épisode tragique est très marqué. C'est également un élément de propagande nationaliste et patriotique du gouvernement.

Cette visite flash éclair de San Salvador aura eu le mérite de me faire connaître le bar "La Esquina". Bistrot de quartier où le litre de Brahva (bière locale) coute 1,50 US$. Les deux soirs où j'y suis venu, la majorité des clients était déjà ivre à 18h. Les gens viennent me parler, curieux de savoir ce qu'un Français pouvait faire dans un endroit semblable. Ma réponse était toute simple, "boire un coup". Avant d'engager la conversation, j'ai droit à une présentation solennelle et à l'explication suivante: "Ne vous inquiétez pas, je veux juste bavarder, je travaille, je gagne ma vie comme chauffeur de bus, je ne vais pas vous demander des dollars." Ça tombait bien je n'avais pas de dollars à donner.

A l'arrivée au bar
 Après quelques bières :
attention l'alcool ne fait pas
que réduire le champ de vision,
il altère également la perception des "choses"
Le service est assuré par Suzanna, jeune petit bout de femme, peu vêtue, et au caractère bien trempé face à ces messieurs à la bave aux lèvres et au regard carnivore. Je ne prétends pas être végétarien, mais moi je sais contrôler mes muqueuses buccales. La soirée se passe dans une ambiance bon enfant sur fond de bachata et de reggaeton. Ça danse, ça boit, ça discute, ça crie et ça rigole. Obligé de quitter mes amis d'un soir avant la fermeture (sacrilège!) mais mon bus pour le Nicaragua part à 02:00 du mat'.

Encore un changement de pays, traçage de route vers le sud chez les Nicas.

A la revoilure pour de nouvelles aventures!

Bonus track:

dimanche 28 novembre 2010

Résistance, bisous et eau de vie... ou l'inverse!

Centre historique de Tegucigalpa
Les longues distances en Amérique centrale peuvent se révéler très fatigantes. Pour des raisons de sécurité peu de lignes voyagent de nuit. 300 ou 400 bornes se font en une journée et plus même, sans affinités. J'arrive à Tegucigalpa à la tombée de la nuit. La capitale hondurienne... c'est un peu la zone et si les gens vous abordent dans la rue, c'est soit pour demander si tout va bien alors qu'il n'y a pas de problème majeur de sécurité, soit pour vous dire de faire attention. GÉNIAL!

Emprunte du coup d'Etat
Malheureusement, au premier abord pas mon truc. Je me rends donc à 45 minutes de là à Valle de Angeles. Petit village bien tranquille qui porte bien son nom. J'y rejoins Jose Luis, ancien prof d'anglais et d'espagnol qui aujourd'hui y ouvre son restaurant. Alors qu'il fait nuit noire, c'est à dire à 18h30, nous nous rendons au bar de los Pobres, le bar des Pauvres (notez mon fluentisme linguistique et l'exactitude la traduction). Le lieu, plus ou moins clandestin (toléré), est tenu par Geraldo aka "El Pajaro", militant d'extrême gauche et résistant face à la tentative de coup d'état de 2009.

Bar de los Pobres
Avec des tarifs réduits défiants toute concurrence, on y sert de la bière locale (salva vida) et de l'eau de vie de canne à sucre non distillée (45 degrés). Ca passe en boucle des dvd de rock des années 60 70 et 80, ça parle politique, ça refait le monde, ça rie, et ça bombe le torse à l'occaz. Antonito, un peu trop saoûl depuis un peu trop tôt, ne cesse de me serrer la main et de me faire des accolades. 
A 'ment donné il crie "Nous sommes tous égaux, vive la démocratie!" m'enlace et m'embrasse le front à répétition. Je me dépêtre de son gros ventre et de ses gros bras tant bien que mal. El Pajaro intervient. "Contest" de gros bides, ne pouvant faire un frontal, ils font un "bidal" surréaliste. Geraldo a le dernier mot : tournée générale!

Petit crochet flash éclair de quelques jours vers le Salvador avant de finir de zoner au Nicaragua.
A la revoilure pour de nouvelles aventures!!


Bonus track: 

samedi 20 novembre 2010

DE MAYALANDIA A GRINGOLANDIA ISLAND

Pyramide de Tikal
Je termine en beauté mon Maya Tours par les sites archéologiques de Tikal et de Copán. Le premier, au nord du Guatemala, est super imposant. Situé au milieu de la jungle et très étendu on se sent ridiculement petit face à l'immensité du lieu. On se balade d'une ruine à une pyramide entre les jaguars (il parait qu'il y en a), les toucans, les singes araignées. En bruit de fond, les singes hurleurs (volume sonore de Chew Bacca puissance 10) et les cris hystériques des touristes américaines. Voilà pour les animaux sauvages...

Saloperie!
Quelques jours plus tard, je découvre le second, situé à la frontière entre le Guatemala et le Honduras. Nettement moins impressionnant d'un point de vue architectural, c'est cependant le seul site maya à avoir conservé en bon état bon nombre de sculptures et de hiéroglyphes. Ancienne cité dominante, comme beaucoup d'entre elles, Copán a disparu on ne sait comment. Ici pas de jaguars, pas d'américaines mais des perruches et des araignées. Ces dernières n'ont d'ailleurs pas d'autre meilleure idée que de venir s'agripper sur mon dos. Vu le poids du machin, je vous laisse imaginer mon déhanché légendaire pour m'en séparer.

Après toutes ces émotions et pour digérer toutes ces marches montées et descendues, je rejoins Isla Utila sur la côte caraïbe hondurienne. Choc culturel! J'apprends qu'il s'agit d'un des endroits les moins chers du continent pour passer ses diplômes de plongée. Des charters entiers arrivent des USA. Autrement dit, l'Oncle Sam est à moins de 300 US$ d'ici.

J'y ai cru...
Que cela ne tienne, je fais mon autiste, je pars seul à la plage, marre d'écouter du Rihanna ou du Lady Gaga avec les autres zouaves. Au bout d'une demi-heure, grosse averse tropicale : ce sera le cas pendant trois jours... VDM. C'est presque la fin de la saison des pluies, et d'après ma vendeuse de jus de fruits préférée, qu'il y en ait autant est exceptionnel. Ben voyons! Tant pis, les plages du Costa Rica et du Panama m'attendent.

Hop hop hop direction Tegucigalpa.
A la revoilure pour de nouvelles aventures!

Bonus track: 

vendredi 12 novembre 2010

Les tchi-douches, les clandos, et moi et moi et moi...

Tag résistant de l'Armée Zapatiste
de Libération Nationale (EZLN)
Me voilà dans le Chiapas, berceau de la révolution zapatiste menée par le sous-commandant Marcos. Enfin... je suis a San Cristobal de las Casas, Marcosland, grand parc d'attraction pour occidentaux en sandales qui oublient de se laver. Ces touristes associent leur cause d'européens opprimés à celle des zapatistes qui n'avaient pas demandé grand-chose. On trouve des djeuns en manque de sensations fortes qui viennent chercher un idéal révolutionnaire par ici. Il faut dire qu'ils sont bien aidés. On leur vend des t-shirts Che ou Marcos, des cagoules EZLN, des stylos EZLN, des portes clés EZLN, des pin's parlant EZLN ou encore des caleçons FUBU EZLN, j'exagère si peu... 

Le tchi-douche comprend tout sur le monde qui l'entoure, il te prend de haut et est capable d'expliquer au paysan du coin ce qu'il faut produire et comment il faut produire. C'est une chance que le fermier ne s'exprime que dans son dialecte maya. S'il venait à comprendre nul doute que sa machette ne servirait pas qu'à défricher. Bref, quelqu'un qui conclue ses phrases par "you know what I mean man" ça me gonfle. Et je précise que je n'ai rien contre les sandales (sauf celles en caoutchouc que ma mère m'obligeait à porter pour aller me baigner quand j'avais 4 ans, mais c'est une autre histoire...) 


Je trace ma route pour traverser vers le Guatemala (au revoir Mexique, on se reverra quoiqu'il arrive!) en compagnie d'une "adorable" hippie chilienne, prof de yoga qui fait l'aller/retour pour renouveler son visa. 


Toussaint à Todos Santos
Je suis pile dans les temps pour être à Todos Santos le jour de la Toussaint. Ce petit village à 40km au nord de Huehuetenango (1h30 de route) célèbre sa féria. Les habitants ont leurs costumes traditionnels (avec nike air pour les garçons et talons hauts pour les filles), une fête foraine est montée, des courses de chevaux sont organisées et l'alcool coule à flot. Il y a un monde fou dans les rues. Les festivités commencent dans la matinée et plus on avance dans la journée, plus on enjambe les hommes ivres morts. Plus on avance dans la journée, plus les hommes viennent me baragouiner. Plus on avance dans la journée plus on sent qu'il ne faut pas les contrarier. Finalement, ça n'était pas plus mal de ne pas dormir sur place. En revanche, manquer ce spectacle aurait été bien dommage. 


A Huehue, mes voisins de chambre étaient des travailleurs qui cherchaient à rejoindre les USA. Fatigués de ne rien trouver au Guatemala, ils partaient chercher fortune (ou pas) plus au nord. Le nombre d'expulsés (plus de 20 000 guatémaltèques ces 10 derniers mois) ne les a pas refroidi. De toute façon, cette émigration est un non-choix. Les curiosités sont réciproques. Déjà sur le but de mon voyage (j'ai l'air un peu con) et sur la vie en Europe en général. La liberté de circuler d'un pays à l'autre les avait stupéfaits. Ils m'avaient également demandé si c'était vrai que nous ne payons pas les frais médicaux. Tous ces acquis sociaux les avaient laissés songeurs. Et moi avec... 
Lever de soleil sur le lac Atitlan
Le lendemain matin, départ pour Panajachel. Apres 4h30 de trajet via 3 chicken bus, un bus normal, a l'arrière d'un pick up, et sur une barque, me voici au bord du lac Atitlan face aux volcans San pedro, Toliman et Atitlan. Je m'offre même un lever de soleil dans la nature à San Marcos de la Laguna loin des touristes, après une nuit sous les bananiers et avec les animaux de la forêt (n'allez pas imaginer des choses). 


Direction Tikal puis Copan (Honduras) pour en finir avec le monde maya. 



A la revoilure pour de nouvelles aventures 

Bonus track: 

dimanche 31 octobre 2010

J'aimeuh foumé lé youin

Parfois, le hasard fait bien les choses et j'aime quand les choses sont bien faites. Michael (Mike pour les intimes) et son frère Marvin m'hébergent dans leur maison de Zacatecas. Mike est francophile, suit des cours à l'Alliance Française et écoute des groupes comme La Rue Kétanou, Debout sur le Zinc ou encore Noirs Désirs... 

Zacatecas
Après un tour de ville diurne (anciennes mines, téléphérique, balades et tout plein de trucs touristiques) place à la vie nocturne et la tournée des grands ducs: Cantina pour l'échauffement, bar "El Huracan" pour monter en puissance et le fameux "El Chaparal Disco" pour le second souffle. Je vous laisse imaginer la scène: une sorte de club (fouille au corps à l'entrée), avec une scène sur laquelle joue une banda norteña (sans avoir balancé au préalable), une immense piste de danse coupée au centre par des tables et des cadavres de centaines de bouteilles de bière. Sur chaque piste, des couples se dandinent sur de la musique traditionnelle et les gonzes ne lâchent pas leur partenaire estampillée propriété privée - défense d'approcher - cow-boy méchant. 

Faut dire que je faisais un peu tache. Grand, blanc, barbe frisée djihadiste, jean's et baskets. Face à moi de la testostérone, santiags, chemise à carreaux, chapeau et moustache. J'ai droit à quelques regards alcoolo-béliqueux et au moment d'évacuer les bières des regards anatomico-curieux. Un grand souvenir! La soirée... pas pour les gars de la pissotière... Euh... je veux dire... vous m'avez compris... 

On en était donc au hasard. Un problème d'hébergement m'a fait finalement rester quelques temps de plus à Zacatecas au lieu de me rendre à Guanajuato. Trop dure la vie. Je me pose donc un peu plus avec Michael et sa bande de potes. 

Sushis, ratatouille, quiche lorraine: repas traditionnel mexicain
Autour d'un repas arrosé, je fais connaissance des élèves de l'Alliance Française et du prof de français, Diane, ancienne étudiante du Mirail à la meme époque que moi: 

" Tu connais Untel? 
- Oui... 
- Tu étais à l'AG, aux grèves? 
- Oui..." 

¡ORALE! 

Un moment bien sympa qui s'est terminé à une soirée d'anniversaire de l'ami d'une amie ou quelque chose du style, je ne me souviens pas de tout... Si ce n'est que je dois ouvrir un resto mexicain à Toulouse, avec Claudia et Marvin, où nous servirons des tacos de canard. 

"Enfant du soleil,
tu parcours la terre le ciel..
."

Je suis resté quatre ou cinq jours à Zacatecas, je m'y serais bien posé quatre ou cinq mois. Partie remise! 


Après une petite halte à Mexico pour voir les copains et fêter cette fois-ci un faux anniversaire, je ne vous fais pas de dessin ça risque d´être censuré dans le clip mais bon... direction le monde maya, moins de deux ans avant la fin du monde. 

A la revoilure pour de nouvelles aventures!







Bonus Track:

mardi 26 octobre 2010

Pam pam pam pam lam Chihuahua!

C'est avec un peu de retard (changement de l’horaire du ferry) que nous quittons la Baja California pour Topolobampo et Los Mochis. Sur le bateau, nous faisons la connaissance d'Alexis qui rentre de vacances passées à La Paz. Sacré Alex... La jeune vingtaine, jean´s baggy, les blanches baskets, le débardeur laissant apparaître un énorme tatouage sur la poitrine et... possède un gros pick-up aux vitres teintées immatriculé dans le Colorado. Sa profession? Vendeur de bonbons!!! Très sympathique, il nous a servi de guide le temps d'une soirée. Nous avons pu faire le tour de la ville by night, en compagnie sa future copine Rachel (il a conclu comme Jean-Claude Dus, mais c'est en bonne voie) et de sa jeune sœur Kaddie. Pauvre Rachel, paye ton rencard... C’était cependant pour la bonne cause car nous avons pu découvrir les "raspados", dessert à base de glace pilée, de fruits et de lait concentré : REGALADE :)

Ferrocarril Chihuahua Pacifico
Le lendemain, nous embarquons sur le Ferrocarril Chihuahua Pacifico pour environs seize heures de trajet sur une des plus belles voies ferrées du monde : la Barranca del Cobre (littéralement le Canyon du Cuivre). Pour résumer, nous traversons la Sierra Tarahumara et sa vingtaine de canyons qui occupent un espace quatre fois plus grand que le Grand Canyon amerloque… tout à fait m'sieurs dames! 

Barranca del Cobre
Outre l’immensité, on est frappé par la diversité des paysages, passant notamment d’une végétation subtropicale à des forêts de conifères. 


Après un départ de Los Mochis à 7:00, nous arrivons à Chihuahua à 23:00.


Pancho Villa
Chihuahua, fief des chiens de la race éponyme si chers à Paris Hilton mais également fief de la révolution mexicaine et de l'emblématique Francisco Pancho Villa (Doroteo Arango de son vrai nom, ca calme). Un musée situé dans sa dernière demeure lui est consacré. On peut y voir, documents, photos, ainsi que des armes de la période révolutionnaire. On trouve aussi la Dodge dans laquelle il fut assassiné. La mise en scène et les photos d'époque rappellent d’ailleurs les images de la mort de Jacques Mesrine : véhicule criblé d’impacts de balles et exposition du lieu du crime aux photographes de presse.


Direction Zacatecas pour la IXème édition du festival international de théâtre de rue. A la revoyure pour de nouvelles aventures!!!!


Bonus Track: 

jeudi 21 octobre 2010

La différence entre le bon et le mauvais Narco

Etre au Mexique sans parler du phénomène narco serait comme aller en Chine sans évoquer l'absence des droits de l'Homme. On le sait, on ne veut pas offusquer mais ça se voit et au final, quoi qu'il arrive c'est l'argent qui prend le dessus. Néanmoins, être un baron de la drogue c'est plus qu'être un simple dealer ou une vulgaire mule. C'est une façon d'être! A cela différencions le bon Narco du mauvais Narco. Vous verrez, la réponse est plus qu'évidente...

Etre un bon trafiquant de drogue nécessite avant tout la conduite d'une bonne voiture, style Chevrolet aux vitres teintées pour se protéger et pour sortir Femme(s) dans les lieux branchés de la ville. Si on sort, il faut avoir le look (coco, ouais facile mais tentante) norteño. Esprit cowboy à la fine moustache, un vrai scarla: chapeau, jean's US, santiags et chemise cintrée ouverte jusqu'au nombril. La panoplie ne pourrait être complète sans évoquer les accessoires. Notons le ceinturon en or en forme de feuille de cannabis, les lunettes de soleil bling-bling incrustées de pierres précieuses assorties au téléphone cellulaire en or. Le Narco étant macho, une seule paire de couilles ne lui est pas suffisante, pour se rassurer il est donc armé. Un accessoire supplémentaire qu'il doit conformer aux autres, pistolets et kalachnikovs sont donc parés d'or et de diamants. 

Mener une telle vie revient à s'exposer à la mort. Parfois un gilet par balles ne suffit pas alors il faut s'en remettre à Dieu. Ou plutôt à un saint protecteur (forme de sous-traitance du pouvoir divin): Santo Malverde, sorte de Robin des Bois du début du XXème siècle durant la Révolution. Jesús Malverde (tient son surnom du fait qu'il se cachait avec des feuilles vertes avant d'attaquer ses victimes, oui je sais un peu naze comme histoire, mais c'est la vérité) n'a pas été officiellement sanctifié par le Vatican, mais ici c'est tout comme. En son nom, dans les églises, on bénit les armes à feu (scène que l'on retrouve dans le dernier film de Luis Estrada - El Infierno). Des tribunaux de certains états américains ont même admis que la présence de talismans à l'effigie de Jesús Malverde pouvait constituer une preuve d'appartenance à un cartel. Un culte célébré donc par les Narcos mais également par les pauvres qui souhaitent se sentir protégés lors de leur tentative de passer la frontière gringo-mexicaine.

Pour finir, le bon trafiquant doit jouir d'un surnom. Ca permet de rester discret sur son identité et de diminuer la honte transmise par ses parents lorsqu'on a un prénom ridicule. En y regardant de plus près, on se dit que certains auraient mieux fait de garder leur prénom d'un autre temps, ou d'une autre dimension. Le plus célèbre, parce que placé sous les feux de l'actu début septembre, c'est "La Barbie". Edgar Valdez Villareal, n'a rien de féminin ou n'a pas fait des galipettes avec Ken. Non il a tout simplement les yeux bleus et une tête de poupon mal rasé. Un autre dealer se faisait appeler "El Baygon", là je pense qu'il valait mieux être son ami...

Pour résumer, le bon Narco c'est celui qui a le style, qui a la foi et qui a un surnom. Alors que le mauvais Narco il a le style, il a la foi, il a un surnom mais c'est un mauvais Narco...


Bonus track:




vendredi 15 octobre 2010

Welcome to Tijuana

Bizarrement, avant d’arriver à Tijuana je n’avais pas d’aprioris. J'étais simplement excité par le fait que la ville frontière avec les Etats-Unis représentait le point de départ de Latin Expedition et je n’ai pas été déçu.

Tijuana est marquée par l’influence... chicano. Si une partie de la population reste à la mode traditionnelle chapeaux de cow-boy, santiags, sa jeunesse a par contre opté pour un style a mi-chemin entre Cypress Hill et les Princes de la ville. Jean’s XXL qui tombent mi-fesses, chemises a carreaux boutonnée jusqu’au col, baskets blanches, lunettes de soleil sur le front et tatouages en tout genre.

Frontière Gringo

Qu’y a t-il a voir à Tijuana? Premièrement, les embouteillages au poste-frontière comportant entre neuf et dix voies qui, selon la direction des véhicules, s'ouvrent ou se ferment au rêve américain. Il y a également "la Línea" qui part de l’océan pacifique : murs et barbelés qui longent la ville et la frontière. On n’ose imaginer la traversée et son infaisabilité: éclairage; vidéo surveillance, parfois même hélicos et patrouilles terrestre. Dissuasion optimale, ça calme!


Exposition de Krmn Contreras
à l'école d'art de Jaime Jimenez
S'il n’y a pas grand chose à voir d’un point de vue touristique, il y a des gens à rencontrer comme Jaime Jimenez, directeur d’une école d’art créée il y a 9 ans.  Parcours atypique qui l’a mené à être avocat comme son père, et son frère... et qui a tout plaqué pour vivre sa passion : l’art et la peinture. Cet amoureux des voyages a bourlingué de Tokyo à Paris en passant par... Toulouse (si si...!). Aujourd’hui, son école et sa quarantaine d’élèves offrent un véritable dynamisme intellectuel et artistique à Tijuana en multipliant les évènements dans des endroits hétéroclites: bars, restos ou espaces publics ouverts (rues, croisements, trottoirs proches des centres commerciaux). Même si les salles d’expositions municipales ne sont pas encore disponibles  pour les artistes locaux, leur créativité a tout de même attiré la curiosité de la Ville. Un Officiel de la Mairie était d’ailleurs présent lors de l’inauguration d’une expo à l’extérieur de l’école de Jaime.




Welcome to Tijuana :
con el fetichismo no hay aduana

Ces 3 jours passés à Tijuana se sont achevés par une séance photos dans un studio fétichiste. Le Toulousain que je suis n’a pas pu résister. Etre originaire de la même ville que D.Baudis et P. Allègre ne laisse pas indifférent. Ce sont sûrement ça les voyages, les rencontres inattendues ou inespérées!




Direction LA PAZ via LORETO pour mettre les pieds dans l’eau.
A la revoyure pour de nouvelles aventures!






Bonus track:

mardi 5 octobre 2010

J-5: "Ben viens on y va!"

Je me rappelle d'un pari stupide qui, finalement, ne va pas s'avérer si absurde que cela. Parfois des paroles en l'air (alcoolisées ou non) se terminent gaiement par un "Ben viens on y va!" En schématisant ,c'est un peu de cette manière qu'est venue l'idée de joindre Tijuana à Ushuaia (pour les personnes ayant des difficultés en géographie, Jean-Michel Google est ton ami). Après les raisons, voire même les excuses pour concrétiser ce périple ne manquent pas... Je n'en ai pas besoin. J'ai envie, je le fais! Paie ton caprice!

 Un tel voyage n'est pas pour autant une lubie. Le choix du continent ne sort pas du chapeau comme ça par hasard. Il y a eu des signes! Les westerns, et les mexicains mal rasés avec leurs recharges de balles croisées sur le plexus. Les mystérieuses Cités d'Or avec une fascination pour le pseudo méchant Mendoza. Tintin et les Picaros ou L'oreille cassée de Hergé. Sur la Route avec Che Guevara d'Alberto Granado etc. Des noms qui sonnent exotiques: "Tegucigalpa", "Machu Picchu", "Uyuni", Miss Vénézuela, et j'en passe. Je me devais d'aller vérifier par moi même, d'avoir mes propres histoires.

Gabriel Garcia Marquez avait écrit: "L'Amérique Latine est un homme portant la moustache, une guitare et un pistolet." Citation qui, telle une mouette, m'avait bien fait marrer. Et qui surtout me donne envie d'aller demander aux concernés ce qu'ils en pensent et comment ils s'identifient.

Le pari initial était donc de fêter 30 ans quelque part entre la frontière américaine et  la Terre de Feu. Pari perdu certes. Je célèbrerai mes 30 ans et demi, mes 30 ans trois quarts et tout plein d'autres choses dans ces mêmes conditions. L'attraction vers le nouveau monde a été la plus forte...

En route vers le départ: TIJUANA!


Bonus track: